Pélé

2010: du 10 au 15 juin 2010

Avec bernadette apprendre à faire le signe de croix/

Bonjour je m’appelle Joëlle et toi ?

Je viens pour la première fois à Lourdes et j’entends beaucoup parler de toi ; j’aimerais bien te connaître un peu mieux. Peux-tu me parler de ta famille ?

 

Tu sais Joëlle, je n’aime pas trop raconter ma vie. Je m’appelle Bernadette et je suis née à Lourdes en 1844. Tu sais j’ai eu la chance de vivre dans un foyer très uni. François et Louise étaient mes parents, nous vivions dans un moulin très pauvrement où mon père était meunier. Les évènements difficiles ne nous ont pas épargnés ; j’ai perdu plusieurs frères et sœurs ; la maladie et le choléra m’ont laissé une santé fragile, j’étais asthmatique et tuberculeuse. Mon père ayant perdu son emploi, nous avons du déménager plusieurs fois, passant du moulin de Boly au cachot, sale et humide. Malgré tout, nous avons tenu sans nous plaindre car ce n’était pas la mode dans la famille de nous plaindre. Mais surtout nous disions la prière en famille, le chapelet, la prière des pauvres, qui nous a gardés dans la confiance.

 

- Tu as beaucoup déménagé ! Alors comment tu faisais pour l’école, le caté ? Tu allais à la messe ?

 

J’ai beaucoup déménagé, mais j’avais une maison qui, elle, ne changeait pas, c’était l’église paroissiale, tu sais celle qui est là haut au sommet du village, et je m’y sentais comme chez moi, c’est là que j’ai été baptisée. J’allais à la messe tous les dimanches, et  parfois dans la semaine, il fallait se lever tôt, à 5 heures du matin ; j’allais aussi aux vêpres, et tu sais, à l’époque, c’était tout en latin et je n’y comprenais rien … mais même en français je n’aurais pas mieux compris parce qu’on parlait le patois à cette époque-là ! … Ma mère travaillait et c’est moi qui gardais mes frères et sœurs, alors je n’avais pas trop le temps d’aller à l’école ni  au caté, mais j’avais grande envie de faire ma première communion comme les jeunes de mon âge, c’est ma nourrice qui a essayé de m’apprendre le caté..

 

- Alors, tu l’as faite cette première communion ?

 

Oui, mais attends, il s’est passé autre chose avant. Il  faut que je te raconte…

 

- Ah!  Bon !  que s’est-il passé ?

 

Je t’ai dit que nous étions une famille pauvre et il fallait ramasser du bois pour se chauffer.

Le 11 février 1858, avec Toinette ma sœur et une amie, nous sommes allées ramasser du petit bois de l’autre côté du Gave au lieu-dit : la tutte aux cochons,

pendant que je ramassais le bois, tout d’un coup j’ai entendu comme un grand coup de vent, alors j’ai tourné la tête et j’ai vu que les arbres ne bougeaient pas,… j’entends une deuxième fois le même bruit et je vois une dame en blanc du côté de la grotte. Là, j’ai eu peur, je croyais me tromper,… je me frotte les yeux, je regarde encore et je vois toujours la même dame,… alors, j’ai pris mon chapelet dans ma poche, j’ai voulu faire le signe de la croix mais je n’ai pas pu porter la main jusqu’à mon  front,… à ce moment là, la Dame a prit le chapelet qu’elle tenait entre ses mains et elle a fait le signe de la croix, aussitôt que j’ai pu le faire à mon tour.., la grande peur que j’éprouvais  a disparut, je me suis mise à genoux et quand j’ai eu fini de réciter mon chapelet la Dame a disparut tout d’un coup.

 

- Et tu l’as revu après cette Dame ?

 

Je l’ai vue 18 fois en tout, au début elle ne parlait pas… puis au fur et à mesure, elle m’a chargé d’aller dire aux prêtres de venir ici, à Lourdes, en procession et qu’on y bâtisse une chapelle, elle m’a dit aussi de prier pour la conversion des pêcheurs, de faire pénitence, d’aller boire à la fontaine et de s’y laver.

 

- Raconte encore ! J’ai envie de savoir,  qui est cette femme ?  comment s’appelle-t-elle ?

 

Plusieurs fois je lui ai demandé son nom mais elle ne me le disait pas, elle souriait.

Et un jour, elle m’a dit ces mots :«  Que soy era immaculada counceptiou »….

 Çà veut dire en français « je suis l’Immaculée Conception », je n’y comprenais rien,… alors je suis alors vite allée voir mon curé Peyramale, qui jusque là avait de la peine à me croire, mais en entendant ces mots, il s’est assis et m’a dit tout ému : « tu es sure de ce que tu dis ? Mais Bernadette, cette femme que tu as vue, c’est la Sainte Vierge! Tu te rends compte … 

 

        - Quelle histoire !...

 

A partir de ce moment là, ma vie a été illuminée, transformée, mon désir de communion se faisait de plus en plus fort et j’ai pu enfin communier pour la 1ére fois dans mon église paroissiale.

 

- Que s’est-il  passé pour toi ensuite ?

 

Pendant six ans, je vais vivre à l’hospice où j’ai continué à apprendre à lire, à broder, j’aimais beaucoup jouer avec les enfants, j’aimais également m’occuper des malades.

Et puis, j’ai commencé à me poser des questions sur une éventuelle vocation religieuse.

 

- Tu devais être une célébrité ici à Lourdes ? Aujourd’hui tu aurais toute la presse sur le dos ?

 

C’est vrai ! C’était un peu fatigant tous ces gens qui voulaient connaître mon histoire. Mais ma priorité était ailleurs, mon souhait de rentrer dans la vie religieuse était de plus en plus fort, mais tu sais, j’étais de santé fragile et à l’époque ce n’était pas si facile d’entrer au couvent, parce qu’il fallait remplir certaines conditions avoir une dot et moi je n’avais rien et en plus j’étais bonne à rien !

 

- Alors qu’as-tu fait ?

 

J’ai eu la chance de rencontrer Mgr Forcade, évêque  de Nevers qui m’a aidée, malgré mes fragilités, à rentrer chez les sœurs de Nevers où je suis devenue infirmière, j’aimais toujours autant être au service des malades

 

- Ça n’a pas été trop difficile pour toi de quitter Lourdes ?

 

Oh Oui ! Mais je l’ai fait en connaissance de cause. En quittant Lourdes, je savais que je quittais ma famille sans espoir de la revoir. Mais je réalisais mon souhait de vivre ma vocation religieuse (même si ce n’était pas gai tous les jours.)

Mais le plus important c’est qu’aujourd’hui, je suis heureuse de constater que le Message que m’avait confié  la Sainte Vierge soit arrivé jusqu’à toi ; la preuve tu es là, Joëlle, cet après midi, ici, à Lourdes, pour prier avec les pèlerins de Savoie et d’autres pèlerins venus des 4 coins du monde, toi aussi tu pourras aller te laver et boire à la fontaine, et te réconcilier.

 

Alors rendons grâce à Notre Dame et chantons tous ensemble  :

 

Réjouis–toi Marie …

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